Phare Eudia

L’inspirant BNB

3–4 minutes

🐉 En 1972, le roi du Bhoutan décide que le Bonheur National Brut (BNB) serait un indicateur qui guiderait le développement de son pays mieux que le Produit National Brut (PNB).

Même si le Bhoutan reste parmi les pays dits « en voie de développement » et fait face à des difficultés telles que le chômage, l’institution du BNB a contribué en quelques décennies à des progrès notables telles que l’augmentation de l’espérance de vie et du revenu par habitant. Elle a permis de profondes évolutions en faveur du bien-être durable de la population dans de nombreux domaines. La production énergétique y provient très largement de l’hydroélectricité. La majorité de la superficie du pays est couverte par la forêt protégée grâce à une réglementation stricte du déboisage et de l’exploitation minière. En plus de la conservation in situ de la biodiversité, cela permet au Bhoutan d’absorber nettement plus de CO2 qu’il n’en émet, cas remarquable sur la planète3. Le gouvernement affiche une ambition d’une agriculture 100% biologique à l’horizon 2030. La santé est gratuite pour tous et l’éducation gratuite pour les jeunes. Les élèves sont éduqués au BNB, à ses valeurs et à son rôle pour en devenir les premiers acteurs. En plus de l’anglais, le Dzongkha, langue nationale, est apprise à l’école et les coutumes traditionnelles, les fêtes laïques et bouddhistes sont préservées, soutenant ainsi l’identité bhoutanaise. La redevance que chaque touriste doit régler participe à un tourisme un peu plus écoresponsable.2

📈 Le BNB se base sur 4 piliers (la protection de l’environnement, la conservation de la culture bhoutanaise, la gouvernance responsable, la croissance économique) et 9 domaines (dont l’éducation, l’utilisation du temps, la résilience écologique, le bien-être psychologique, la vitalité communautaire). Au début des années 2000, un indicateur du BNB quantifiable a été développé avec aujourd’hui 151 variables utilisées pour définir et analyser le bonheur de la population.1 4
La gouvernance s’est démocratisée en 2008 avec le passage d’une monarchie absolue à une monarchie constitutionnelle. Les décisions du gouvernement sont fortement influencées par la vision du BNB protégée par la Constitution depuis 2008 et par la Commission du BNB qui doit donner son aval pour l’adoption d’un projet. Loin d’une dictature du bonheur, la population est consultée régulièrement afin d’améliorer l’utilisation du BNB.1
Si le BNB est passé d’une noble aspiration à un outil plus quantifiable, il a des racines historiques. L’ancien code juridique du Bhoutan de 1629 stipulait déjà que « si le gouvernement ne peut pas créer le bonheur pour son peuple, alors il n’y a pas de raison pour que le gouvernement existe ». Il soulignait que les lois bhoutanaises doivent promouvoir le bonheur de tous les êtres sensibles, en tant que nation bouddhiste.1

🧭 Aujourd’hui, le BNB est défini comme une « approche de développement multidimensionnelle cherchant à atteindre un équilibre harmonieux entre le bien-être matériel et les besoins spirituels, émotionnels et culturels de la société ».1
Le Bhoutan a porté aux Nations Unies une résolution pour une approche holistique du développement visant le bonheur et la soutenabilité, adoptée à l’unanimité en 2011.4
C’est la boussole d’un développement réel englobant la croissance économique5 sans lui donner la priorité, éloignant les inégalités sociales6, les dégradations écologiques, la perte de savoirs culturels.
Ce petit royaume himalayen, accolé au Tibet, situé entre la Chine et l’Inde, a été un précurseur avec le BNB, toujours inspirant après plus de 50 ans d’existence.

« Le BNB est simplement le développement avec des valeurs » Jigme Khesar Namgyel Wangchuck (roi fondateur du BNB).


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