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Préservation de la diversité linguistique

3–4 minutes

🗣🌐 Environ 7000 langues vivantes sont recensées dans le monde1. Très peu sont considérées comme universelles (l’anglais, parfois le français), quelques-unes comme internationales (par exemple les 6 langues officielles de l’ONU, en plus des 2 précédentes : l’arabe, le mandarin, l’espagnol, le russe), certaines comme centrales (137 sont parlées par plus de 5 millions de locuteurs2) et de nombreuses autres comme périphériques (tels que les dialectes locaux, dont plus de 500 rien qu’en Indonésie1).3 Cette diversité linguistique constitue une richesse inestimable, héritage d’une longue construction historique, véhicule d’écritures variées4, de savoirs, de savoir-faire et plus généralement de cultures uniques.

📚 Pourtant d’ici la fin du siècle la moitié de ces langues devraient disparaître, chaque année environ 25 langues vivantes s’éteignent, souvent parce qu’elles ne sont parlées que localement, par peu de locuteurs et parfois sans écriture associée.5 Pour éviter cette perte de connaissances, de patrimoine, d’identité, l’ONU a fait de la préservation de la diversité linguistique un de ses objectifs en lançant en 2022 la Décennie des langues autochtones.6 Plusieurs parallèles peuvent être faits entre la biodiversité et la diversité linguistique, elles sont intimement liées aux territoires qu’elles habitent, elles s’influencent mutuellement, leurs points chauds sont souvent similaires7, les combats pour leur préservation vont de pair. Sur ce dernier point, l’ONU rappelle que la protection de nature passe par celle des peuples autochones6, gardiens de près de 80% de la biodiversité restante selon la FAO, en cohérence avec les conclusions de la COP 15 de l’IPBES8.

Cette domination linguistique depuis le colonialisme, aggravée par la culture de masse, creuse les inégalités9 et abîme l’identité de populations parmi les plus vulnérables. Une vingtaine de langues sont parlées par 95% de la population.5 Comme dans d’autres secteurs, à l’image de l’agroalimentaire, cette homogénéisation mondiale peut être vue comme une fragilisation et un appauvrissement planétaires.
Au contraire, il serait possible de soutenir à la fois des langues globales (permettant de lever les barrières linguistiques10) et des langues très locales (permettant de renforcer son ancrage local). C’est dans cette diversité mêlant un global inévitable et un local irremplaçable que nous obtiendrons la plus grande résilience indispensable à un bonheur durable et partagé.11


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