Phare Eudia

Ecoutons l’appel des peuples autochtones

3–4 minutes

🌏 Les peuples « autochtones » ou « indigènes » sont des groupes sociaux et culturels distincts qui partagent des liens ancestraux collectifs avec les ressources naturelles et les terres où ils vivent, qu’ils occupent ou dont ils ont été déplacés.1 Décimés dans les siècles passés notamment durant le colonialisme, ils sont encore aujourd’hui près de 500 millions de personnes (soit 6% de la population mondiale, dont 50 millions en Inde), répartis en 5 000 groupes, vivant dans 90 pays et occupant plus de 20% des territoires émergés (où se trouvent environ 80% de la biodiversité terrestre).2
Ces peuples subissent toujours de fortes pressions, si bien que beaucoup sont menacés de disparition. Parmi les évènements d’un passé proche, les actualités récentes ou les menaces futures, on peut noter la destruction de leur habitat par le changement climatique (comme le dégel des terres des Inuits) ou à cause d’activités illégales (comme la production de drogues or l’orpaillage en forêt), la déforestation et les conflits dues à l’agriculture intensive (par exemple en Amazonie), les persécutions et les atteintes aux droits de l’homme (comme les « stolen generations » des aborigènes d’Australie ou la contraception forcée de femmes groënlandaises3), le placement en réserves et la spoliation de terres (comme pour les amérindiens des Etats-Unis), l’assassinats réguliers de leaders indigènes défenseurs de leurs terres4.

📣 Ces atteintes portent aussi un lourd préjudice à la diversité, qu’elle soit culturelle (à l’image de la disparition des nombreuses langues vivantes autochtones5) ou biologique (le rôle important des peuples autochtones dans la conservation des écosystèmes n’est plus à démontrer6). Selon l’organisation Survival International, au moins 200 groupes autochtones (dont plus de la moitié au Brésil) choisissent de se couper du reste du monde extérieur pour leur propre survie, pour protéger leur terre et sa biodiversité ; lorsque leurs droits sont respectés, ils seraient auto-suffisants, en bonne santé, épanouis.7
D’autres peuples indigènes résistent, manifestent, essaient de faire entendre une voie commune, telle que celle portée par l’Alliance des Gardiens de Mère Nature8, appelant à donner des droits à la nature, à se restreindre aux énergies renouvelables, à mettre en place un consentement libre préalable et éclairé avant tout projet sur leurs terres, à punir les écocrimes, à sanctuariser de toute urgence la totalité des espaces forestiers primaires, à mettre œuvre la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones de 20079.

🪄 Les peuples autochtones ont tant à apporter pour le soin du vivant, dans l’art de la reliance, dans la préservation de savoirs, d’arts, de cultures irremplaçables et parfaitement adaptées à leur territoire. Comme dans la diversité des mouvements écologiques10, on retrouve une unité féconde chez les peuples autochtones. La protection de leur diversité va de pair avec celle de la diversité culturelle et de la biodiversité.
A ce titre la réponse de l’ancienne députée groenlandaise Tillie Martinussen au président américain Donald Trump est remarquable11. Elle oppose deux visions du monde12 : celle d’une civilisation prédatrice et cupide, où la valeur marchande dépasse la valeur morale, où la loi du plus fort domine et détruit ; et celle d’une culture du partage, où la dignité et l’autonomie, les capacités à se soigner, à apprendre, à préserver les terres sont supérieures à toute transaction économique. Cultivons cet enracinement, cet art de la reliance, cette responsabilité envers le vivant. Soutenons les droits des peuples indigènes13, respectons leur dignité14, valorisons leurs rôles, protégeons leur diversité.


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