Phare Eudia

Sobriété désirable

3–5 minutes

🌱 Pour maintenir des conditions d’habitabilité sur Terre, la sobriété de nos modes de vie est indispensable. A l’inverse de la surconsommation, du gaspillage de ressources, des excès en tout genre, elle permettrait par exemple dans la théorie du Donut1 de ne pas dépasser les limites planétaires tout en assurant un seuil minimal de dignité pour la population. De nombreux articles Eudia montrent ainsi la nécessité d’une sobriété pour préserver un environnement naturel et social sain2 et pour développer des solutions adaptées3.

💪 Mais la sobriété n’est-elle pas perçue comme une contrainte ? pire comme un synonyme de pauvreté allant à rebours d’un progrès humain et d’un bonheur collectif ? Pour Eudia et pour un grand nombre de penseurs depuis l’antiquité, c’est tout le contraire ! La capacité de sobriété chez une personne est une condition sine qua non pour qu’elle puisse se sentir durablement heureuse.4 Contrairement à l’insatiabilité qui donne l’impression de se sentir pauvre voire malheureux avec beaucoup, la capacité de sobriété permet de se sentir riche, voire comblé et heureux avec peu. Cette capacité rejoint l’humilité, la modération, la tempérance prônés par les philosophes grecs que ce soit dans l’épicurisme ou le stoïcisme, mettant en garde contre l’hybris et la démesure. Ce juste contrôle de ses désirs se retrouve dans le bouddhisme qui invite l’homme à se libérer de ses désirs et de ses passions pour ne pas être malheureux.

Si l’on se base sur la formule du bonheur de Mo Gawdat5 que l’on peut résumer ainsi Appréciation > Aspiration, la sobriété influe positivement sur les deux côtés de l’inéquation. La sobriété facilite l’appréciation personnelle (à la fois par une meilleure capacité d’appréciation et par un environnement mieux préservé donc plus facilement appréciable), mais elle diminue aussi les attentes personnelle (à la fois par une aspiration plus raisonnable mais aussi parce qu’un environnement plus sain prodigue plus facilement ce à quoi on aspire).

On peut également louer la sobriété comme façon de ralentir, de préserver son temps et sa liberté, non occupé à un matérialisme superflu. L’ancien président uruguayen José Mujica, figure heureuse d’une politique altruiste, faisait ainsi l’apologie de la sobriété, qui permet selon lui d’allouer notre temps de vie et nos ressources aux choses réellement importantes pour nous tous, au lieu de les gaspiller à gagner de l’argent pour consommer dans un cercle vicieux.6

🙂 Cultiver une sobriété, voulue, permet d’éloigner le risque d’une pauvreté, subie, pour nous et pour les générations futures. La sobriété est non seulement indispensable à un bonheur durable et partagé en tant que comportement soutenable pour préserver notre environnement, mais également en tant que compétence personnelle à développer pour notre capacité à apprécier7. Que ce soit d’un point de vue collectif ou individuel, elle constitue un cercle vertueux, renforçant par exemple notre résilience, nous protégeant des dépendances, réduisant les conflits. La sobriété est une vertu, elle est désirable.8


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