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Faire famille

4–6 minutes

👨‍👩‍👧‍👦🏡 La déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 proclame que «La famille est l’élément naturel et fondamental de la société.» Mais comment définir une famille ? En quoi pourrait-elle être un noyau essentiel à un bonheur durable et partagé ?
Au-delà de la vision classique de la famille nucléaire composée de parents et de leur(s) enfant(s), la famille peut prendre bien d’autres formes : famille monoparentale ou recomposée, foyer avec un couple et des animaux de compagnie1, famille élargie aux liens de parenté même éloignés, famille communautaire (par exemple politique, religieuse, autour d’un même lieu de vie2 ou en clan3). Même dans le contexte de parentalité, l’adage dit bien qu’il faut un village pour élever un enfant.
La perception de l’existence d’une famille s’appuie généralement sur les liens de filiation et d’alliance, sur la responsabilité d’un enfant qu’il soit biologique ou adopté, sur la vie commune et l’entraide. Toujours est-il que la famille est un phénomène universel (mais pas pour autant naturel), ancré dans une société qui lui impose des règles, constituant traditionnellement l’unité sociale de base.4

🔗 Pour la plupart d’entre nous, la famille est une institution sociale importante dans nos vie5. Elle constitue souvent un cadre stable de relations humaines6, de solidarité chaude7, de protection, d’éducation et/ou de transmission matérielle et culturelle8. Elle peut offrir le refuge à un enfant, lui faire goûter au bonheur et à l’amour, lui donner un précieux élan avec des racines, des compétences, des idées, des envies, des projections.
Malgré son caractère incontournable et les divers liens d’attachement fort entre ses membres, la famille peut aussi porter de nombreuses ambivalences, entre une vie privée et une identité publique, entre la famille réelle et la famille désirée, parfois vue comme un refuge et parfois comme une prison. Elle est aussi un lieu d’abus et de carences4, elle a quelquefois ses secrets honteux et ses interdits moraux, elle peut générer des frustrations et des névroses9.

🪸 Quelle que soit sa forme, la famille a un tel impact sur les personnes, qu’il est important que nous en prenions grand soin, à titre individuel autant que collectif10. Or l’évolution rapide de nos sociétés depuis un siècle apporte des défis majeurs à la famille, comme l’individualisme, le court-termisme, le consumérisme, l’entre-soi des réseaux sociaux11. Au contraire la famille est une dynamique long terme, donne un goût de la stabilité et d’appartenance, demande pour cela un investissement en temps de ses membres et une responsabilité d’interdépendance.
Faire famille aujourd’hui peut être justement le lieu d’équilibres entre ces modes de vie semblant opposés12. Elle donne alors un cadre collectif à respecter mais laisse assez de libertés à ses membres, elle incite à construire à la fois une culture familiale et des identités individuelles. Loin d’un bonheur égocentré illusoire ou d’une privation altruiste délétère, la famille peut constituer la principale cellule sociale d’où germe un bonheur durable et partagé, en cultivant le soin de l’autre et l’apprentissage de règles de vie commune, les goûts du confort et de l’effort, le sens et l’envie d’une contribution personnelle à quelque chose de plus grand qui nous survivra.13


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