💼✅ Choisir son travail (quand on le peut), c’est choisir d’abord une finalité solide, fondation du reste. Or ce n’est souvent pas ce qui se passe.
On peut avoir des valeurs en tant que personne, vouloir donner du sens à sa vie, mais être si occupé aux tâches techniques d’un travail, que l’on en occulte la finalité, même si elle est en désaccord avec notre éthique. Cette dissonance cognitive est fréquente dans notre société. Parmi les raisons identifiables, citons en trois pernicieuses.
⚙️ Premièrement, la grande taille des entreprises fait que nous agissons souvent comme de petits rouages pour un immense mécanisme que l’on ne connait pas bien. Cette spécialisation plébiscitée par la croissance économique rend difficile la prise de recul sur l’ensemble. Une telle fragmentation des tâches soutient la réalisation d’objectifs précis, mais contribue à une perte de sens globale.
⚙️ Deuxièmement, nos emplois du temps surchargés et notre rythme de vie intense peuvent nous amener à un effet tunnel ou à un état de stress où l’on ne se préoccupe plus que tâches confiées.
⚙️ Troisièmement, l’intérêt voire la passion technique que nous pouvons trouver à un métier peut suffire à satisfaire notre esprit et à nous détacher des conséquences parfois lointaines de notre travail. Passion pour les mathématiques mais travail pour une finance spéculative, passion pour le bois mais contribution à la surexploitation des forêts, passion pour le génie civil mais aide à l’urbanisation galopante. C’est un biais de la technique qui donne la sensation d’être utile par ses compétences techniques, mais qui sert le mauvais combat.
💡 Dans tous les cas, ce comportement est extrêmement préjudiciable au bien commun, puisqu’il contribue à œuvrer pour une cause que nous ne soutenons pas et qui est loin de profiter à l’intérêt général1. Il est aussi extrêmement préjudiciable au travailleur qui se retrouve un jour mal à l’air, en porte-à-faux, en perte de motivation, en souffrance mentale2. De nombreux impacts sociétaux et environnementaux découlent de cette dissonance cognitive, prenons en conscience et cherchons à aligner au maximum la raison d’être de l’entreprise dans laquelle nous travaillons avec notre éthique3 4.
💂♂️ Ne nous contentons pas d’être de bons soldats sans savoir à quoi sert notre armée5 6.
1 Voir la contribution des entreprises aux Objectifs de Développement Durable des Nations-Unies selon le GSDR : https://phare-eudia.org/2024/02/08/quelles-contributions-des-entreprises-aux-odd/.
2 Cet article explore en quoi les notions de cohérence et d’authenticité peuvent être des remèdes à la dissonance éthique et au soutien du sens au travail : https://www.cairn.info/revue-recherches-en-sciences-de-gestion-2014-1-page-143.htm.
3 Si la raison d’être est de plus en plus mise en avant par les entreprises, elle est aussi un guide très édifiant pour la personne : https://phare-eudia.org/2023/12/12/trouver-sa-raison-detre-une-cle-du-bonheur/.
4 L’ikigaï peut aider à retrouver une consonance cognitive dans son travail : https://phare-eudia.org/2023/03/19/likigai-vers-un-travail-en-harmonie-avec-sa-raison-detre/.
5 Par exemple, le Shift Project propose un répertoire des métiers et des entreprises en faveur du climat : https://phare-eudia.org/2022/10/10/shift-your-job/.
6 Ce qui ressort de plus en plus chez les diplômés : https://phare-eudia.org/2023/05/24/diplome-pour-donner-du-sens/.
Crédit photo : Belinda Fewings sur Unsplash.



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