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Nos routes, barrages, clôtures constituent des barrières infranchissables ou dangereuses pour la faune sauvage. Ce cloisonnement compromet le déplacement de nombreuses espèces, leur alimentation, leur migration, leur reproduction ; il fragilise les espèces en réduisant leur brassage génétique ; il perturbe les écosystèmes associés en limitant par exemple la pollinisation et la dissémination des graines ; il entraîne une augmentation des collisions avec les véhicules. Afin de rétablir une certaine continuité écologique, nous recréons des corridors biologiques en parallèle de ces barrières1. Eudia fait un rapide tour d’horizon de ce qui existe en se basant notamment sur le programme de la Trame verte et bleue2, qui a été mis en place à cette fin en France depuis 2007.
Les corridors biologiques peuvent avoir différentes fonctions, comme la migration, les déplacements quotidiens, ou la dispersion (afin d’échapper à une pression anthropique). Ils peuvent offrir des conditions spécifiques : sans pollution lumineuse (corridor de noir), sans pollution atmosphérique (corridor d’air propre), sans bruit (corridor de calme). Ils peuvent être plus ou moins constitués de milieux naturels (comme des haies3, des prairies, des cours d’eau) ou de constructions humaines (on parlera alors plutôt d’écoducs).
Les écoducs sont souvent multi-espèces et sont adaptés à la faune locale. Certains sont dimensionnés pour des espèces cibles, particulièrement vulnérables ou importantes, telles que les écureuils (les « écureuilloducs ») ou autres rongeurs, les grands mammifères comme les cervidés ou les ours, les batraciens (les « crapauducs »), les chiroptères (les « chiroptéroducs »), les poissons migrateurs. Les écoducs sont parfois munis d’enregistreurs servant à vérifier leur bonne marche et à dénombrer les espèces utilisatrices. Vous pouvez apercevoir des écoponts en circulant sur les autoroutes, mais il peut également s’agir de passages busés sous les voies, de passes à poissons dans les rivières.
🦔🐿🦇🐟🦌🐸 Confirmant la pertinence de ces soutions, la vidéo suivante présente les images enregistrées dans l’Utah sur un écopont multi-espèces au-dessus d’une autoroute 6 voies :
En parallèle à ces aménagements compensatoires, luttons contre la fragmentation écologique de nos territoires pour protéger la biodiversité si précieuse et pourtant menacée4.
1 Dans certains cas l’aménagement de corridors biologiques est à éviter pour limiter la propagation d’espèces envahissantes ou de maladies. C’est l’un des rôles de vérification de La Trame verte et bleue.
2 Plus d’informations sur : https://www.trameverteetbleue.fr/. La Trame verte correspond aux milieux terrestres et la Trame bleue aux zones aquatiques.
3 La SNB 2030 prévoit par exemple la plantation de 50 000 km de haies : https://phare-eudia.org/2024/02/23/sengager-dans-la-strategie-nationale-biodiversite-2030/.
4 https://phare-eudia.org/2021/11/24/biodiversite/.
Crédit photo : Vinci.



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