🙂 L’importance du bien-être au travail et de la QVCT en entreprise devient une évidence, comme discuté dans l’article Eudia du 26 juillet1. Chaque partie prenante peut (doit) y contribuer, mais il existe un rôle qui y est souvent rattaché : celui de CHO « Chief Happiness Officer » ou en français « Responsable du bonheur », « Animateur de bien-être » ou « Chargé de l’épanouissement ».
Controversé, est-ce un poste à la mode assez superficiel ou une fonction durable qui fait la différence ? Voici quelques éléments de réponse pour y voir plus clair2 3.
🎈 Le poste de CHO est apparu avec les fonctions de « Jolly Good Fellow » (très bon camarade) en 2005 dans la Silicon Valley chez Google. Il a pris une ampleur considérable depuis, notamment en Amérique du Nord et dans les pays scandinaves, avec une présence fréquente dans les start-up et dans les grandes entreprises françaises comme Décathlon, Capgemini ou Doctolib.
Le CHO est souvent perçu comme l’animateur qui va dégoter les repas conviviaux de la pause déjeuner, installer une machine à café, organiser des tournois de ping-pong, égayer les open-spaces de plantes vertes, envoyer des citations inspirantes par emails, trouver un prof de yoga du rire pour bien démarrer la journée au bureau. Si ces pratiques peuvent s’avérer tout à fait valables pour détendre les collaborateurs et améliorer l’environnement de travail, le rôle du CHO ne peut pas se résumer à ces actions « sympathiques » mais souvent très insuffisantes au bien-être des salariés (par exemple en cas de surcharge ou de quête de sens).
▶️ La Fabrique Spinoza2 propose de classer les missions d’un CHO en quatre orientations majeures (où l’humain a d’ailleurs une place centrale) : la convivialité, la communication, les ressources humaines, l’organisation, même s’il doit s’adapter aux spécificités de chaque organisation. Le CHO stimule la convivialité lors de moments quotidiens ou d’évènements de plus grande ampleur, qui soudent les équipes, créent des échanges, favorisent l’intelligence collective4. Il communique en interne comme en externe, pour informer, tisser des liens, donner envie, infuser un esprit de groupe. Il peut intervenir côté RH, s’il connaît bien les collaborateurs, gagne leur confiance, prend le temps de les écouter, encourage les initiatives individuelles. Mais il peut aussi contribuer à une meilleure organisation de l’entreprise en analysant l’environnement professionnel, en identifiant les freins individuels ou collectifs au bien-être, en portant une culture d’entreprise, en s’adaptant aux changements.
⚙️⚙️ Dans la Harvard Business Review5, il est même considéré que le CHO n’est pas le messager du bonheur mais le diffuseur de sens en entreprise. En ayant une vision macro des valeurs de l’entreprise et micro des besoins de chacun, le CHO peut alors travailler à un meilleur alignement, qui peut amener la direction à revoir l’éthique propre de l’entreprise6 ou les salariés à se questionner sur leur rôle en vue d’une meilleure consonance éthique7.
Le poste de CHO est souvent mal compris du grand public et peu soutenu par la direction, il est parfois créé par une démarche utilitariste ou d’ « happiness-washing ». Pourtant, s’il ne peut conditionner à lui seul le bonheur d’un collectif, le « Responsable du bonheur » met vraiment de l’huile dans les rouages. Il a un rôle clé qui demande bien des qualités et des compétences8 : bon communicant, bienveillant, souriant, positif, leader, flexible, réactif pour n’en citer que quelques-unes… Alors pourquoi ne pas tenter de trouver ces « super animateurs » dans nos organisations ?
1 Pour lire l’article : https://phare-eudia.org/2024/07/26/bien-sur-que-bien-etre-au-travail-rime-aussi-avec-performance/.
2 Analyse principalement basée sur le guide de la Fabrique Spinoza : http://academiespinoza.fr/chief-happiness-officer-guide-pratique/.
3 Pour aller plus loin, lire « Chief Happiness Officer » d’Amélie Motte, Saphia Larabi, Sylvain Boutet, apparu en 2018 aux éditions Dunod : https://www.cairn.info/la-boite-a-outils-du-chief-happiness-officer–9782100783243.htm.
4 Par exemple en apportant des méthodes d’idéation : https://phare-eudia.org/2024/06/21/quels-remue-meninges-pour-une-meilleure-intelligence-collective/.
6 Plus d’informations dans cet article : https://phare-eudia.org/2024/05/09/ethique-propre-a-une-organisation/.
7 Plus d’informations dans cet article : https://phare-eudia.org/2024/03/01/consonance-entre-linteret-technique-et-la-finalite-ethique-dun-travail/.
8 My Happy Job liste les meilleures formations pour devenir Chief Happiness Officer, en commençant par celle de l’Académie Spinoza : https://www.myhappyjob.fr/les-meilleures-formations-pour-devenir-chief-happiness-officer/.
Crédit photo : Andrea Piacquadio sur Pexels.



Laisser un commentaire