Phare Eudia

Le génie des constructions vivantes

3–4 minutes

🏢 Les constructions en béton armé n’ont cessé de se développer depuis leur invention au milieu du 19ème siècle. Outre leur impact carbone considérable1 et la surexploitation de sable induite2, ces ouvrages se dégradent naturellement dans le temps, ce qui nécessite un entretien de plus en plus couteux pour les maintenir en bon état et ce qui entraîne souvent des situations à risques lorsque l’entretien est insuffisant.

🌱🌿 A l’inverse, il existe des ouvrages qui se bonifient naturellement dans le temps : les constructions qui ont recourt aux végétaux vivants !

L’exemple par excellence vient des forêts humides de Meghalaya au nord-est de l’Inde, où des ponts vivants sont construits depuis plusieurs siècles par le peuple des Khasis pour traverser les vallées étroites et connecter les villages sur un territoire escarpé. Ces incroyables édifices sont bâtis par enchevêtrement des racines d’arbres Ficus elastica sur un échafaudage en bambou. Les racines fusionnent par un processus appelée anastomose. Avec l’humidité, la croissance végétale, la traversée des piétons, la structure se développe et se renforce dans le temps. Ces ponts racines, les « jing kieng jri », deviennent multi-centenaires, mesurent jusqu’à 80 mètres de long et peuvent supporter des charges de quelques tonnes avec parfois le passage de véhicules. Ils peuvent en plus résister aux crues et aux tempêtes fréquentes de la région.3

Nous trouvons également des exemples en France métropolitaine. L’utilisation la plus connue est peut-être la protection des dunes4 contre l’érosion des côtes par la plantation de végétaux5. L’ONF a également recourt à la plantation d’arbustes pour consolider les berges en rivière ou pour soutenir les talus de routes en montagne6.

🪄 Les constructions employant des végétaux vivants bénéficient d’avantages qui dépassent largement l’utilisation de matériaux naturels recyclables. Ces constructions profitent de la biologie du vivant et de son pouvoir créateur par le développement naturel de structures organisées et autorégénérées. Même si le calcul complexe de leur résistance et l’absence de normes adaptées rendent leur emploi difficile, ce potentiel de bio-ingénierie et de génie végétal a des avantages incomparables, permettant des ouvrages peu couteux, durables, très bien intégrés au paysage, non polluant et soutenant la biodiversité. Ce sont des Solutions Fondées sur la Nature7 prouvant que l’on a tout intérêt à « aller avec nature« , à vivre davantage en harmonie avec elle et à profiter de son potentiel.


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