🥗 Trois raisons de fond sont généralement évoquées pour choisir une alimentation moins carnée, outre le coût élevé de la viande : l’écologie, le bien-être animal, la santé.1 En effet, la nourriture décarnée évite des impacts environnementaux considérables liés à l’élevage (telle que l’empreinte carbone ou l’empreinte eau2) ou à la surexploitation des ressources (notamment halieutiques) et donne la capacité de nourrir tous les habitants de la planète.3 Elle est indispensable à une bioéthique incompatible avec la souffrance animale des élevages industriels, des abattoirs, des rituels, des moyens de pêche industrielle.4 Sous bien des aspects elle est bénéfique à la santé humaine (dans la mesure où on évite les carences5), en particulier avec une diminution du diabète, des maladies cardio-vasculaires et de certains cancers.6
🐣 Le végétarisme consiste à ne pas manger de chair animale. Il existe des variantes plus strictes comme le végétalisme qui consiste à n’ingérer aucun produit alimentaire d’origine animale (donc le lait, les œufs, le miel sont en plus exclus) ou le véganisme qui consiste à n’accepter aucun produit issu de l’exploitation animale (pas de cuir, ni de laine, ni de cosmétique testé sur animaux, ni de spectacle avec des animaux), ces pratiques limitent donc le risque de souffrance voire de mise à mort indirecte d’animaux pour notre consommation.7
Mais on peut aussi contribuer à cet élan en allant moins loin. C’est le principe du flexi(végé)tarisme qui consiste à une diminution de l’alimentation carnée, telle qu’une réduction de la quantité de viande8 ou un arrêt à des périodes choisies. Cette pratique plus souple a de nombreux avantages : elle facilite les repas sociaux, elle aide à un repas davantage en conscience9, elle permet une évolution alimentaire progressive10, elle soutient les filières de qualité en mangeant moins mais mieux. Il est ainsi possible d’acheter de la viande labellisée11, de producteurs locaux12, d’élevage extensif, pour un coût potentiellement total moins élevé.
💡 L’échange avec des végétariens et l’ouverture à des peuples pratiquant depuis longtemps le véganisme ou le flexitarisme peuvent nous aider à sortir d’un héritage culturel funeste.13 14
Enfin, terminons par trois citations liées aux trois raisons du végétarisme, qui viennent de trois génies de trois époques différentes15 :
« Quiconque a entendu les cris d’un animal qu’on tue ne peut plus jamais manger de sa chair. »
Confucius.
« J’ai très tôt renoncé à la viande et un jour viendra où les hommes tels que moi proscriront le meurtre des animaux comme ils proscrivent aujourd’hui le meurtre de leurs semblables. »
Léonard de Vinci.
« Rien ne peut être aussi bénéfique à la santé humaine et augmenter les chances de survie de la vie sur terre que d’opter pour une diète végétarienne. »
Albert Einstein.
1 Selon un baromètre Harris interactive 2023 : https://harris-interactive.fr/wp-content/uploads/sites/6/2023/04/Rapport-Harris-La-consommation-de-viande-Reseau-action-climat-Vague-2.pdf.
2 Plus d’informations : https://phare-eudia.org/2024/09/11/quelle-est-mon-empreinte-eau/.
3 Pour un résumé sur les raisons écologiques au végétarisme, voir le site de l’AVF (Association Végétarienne Française) : https://www.vegetarisme.fr/comprendre/les-bases/chiffres-et-infos-cles/.
4 Le livre de Frédéric Lenoir « Lettre ouverte aux animaux » chez Fayard est à ce sujet éclairant avec de nombreuses références : https://www.fayard.fr/livre/lettre-ouverte-aux-animaux-et-ceux-qui-les-aiment-9782213702315/.
4′ La référence 13 donne un aperçu des impacts de l’alimentation carnée à ce sujet en se basant notamment sur les données de la FAO.
5 L’ANSES vient de rendre un avis relatif à l’établissement de repères alimentaires destinés aux personnes suivant un régime d’exclusion de tout ou partie des aliments d’origine animale : https://www.anses.fr/fr/system/files/NUT2019-SA-0118.pdf. Voici un résumé de ces éléments pour les (lacto-ovo-)végétariens : Fruits et légumes : 700 g/j, Légumes secs 75 g/j, Féculents et pains : 170 g/j dont au moins 120 g/j complets ou source de fibres, Oléagineux : 65 g/j, Analogues de produits laitiers frais : 350 g/j, Levure de bière : 10 g/j, Lait 450 ml/j, œufs 30 g/j, fromage 50 g/j.
6 Selon l’ANSES, qui vient de publier une revue systématique des études épidémiologiques pour étudier les bénéfices et risques pour la santé associés aux régimes végétariens : https://www.anses.fr/fr/system/files/NUT2019-SA-0118-rapport.pdf. En plus de la diminution de plusieurs maladies, l’agence de sécurité sanitaire évoque également la diminution de troubles gastro-intestinaux, de cataractes et de problèmes de fertilité. En revanche, elle avertit des carences potentielles pouvant augmenter le risque de fractures. Elle déconseille les régimes végétariens aux enfants, aux femmes enceintes, aux personnes âgées et à ceux dont l’activité physique est particulièrement intense. A noter qu’elle reconnaît des preuves scientifiques avec un faible niveau.
7 Pour un podcast présentant les variantes du végétarisme, ses enjeux, des expériences et des conseils : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/grand-bien-vous-fasse/grand-bien-vous-fasse-du-lundi-27-juin-2022-9715692.
8 Pour information, le site de Santé Publique France recommande pour un adulte un maximum de 500g de viande et de 150g de charcuterie par semaine. : https://www.mangerbouger.fr/manger-mieux/bien-manger-sans-se-ruiner/bien-manger-en-preservant-la-planete-sans-se-ruiner-c-est-possible/les-alternatives-a-la-viande-existent.
9 Une assiette végétarienne est par exemple normalement plus longue à manger, à calories égales, notamment par une augmentation de la quantité de fibres. Cela va dans le sens du Hari Hachi Bu : https://phare-eudia.org/2024/12/06/manger-a-sa-faim-ou-un-peu-moins/.
10 Site porté par l’association L214 proposant de bons conseils et de nombreuses recettes pour décarner son alimentation : https://vegan-pratique.fr/.
11 Pour plus d’informations : https://www.economie.gouv.fr/particuliers/aop-aoc-igp-stg-labels-certification-alimentation. Le Label Bio est par exemple le seul des grands labels à soutenir autant le respect du bien-être animal (transport, conditions d’élevage, abattage…).
11′ Côté poissons : https://phare-eudia.org/2021/12/21/poissons-ecoresponsables/.
12 Plus d’informations : https://phare-eudia.org/2024/02/02/soutenons-nos-petits-producteurs/.
13 L’article « Devenir végétarien » de Florence Burgat développe par exemple le cas de Gandhi : https://shs.cairn.info/revue-sens-dessous-2013-2-page-95?lang=fr.
14 L’alimentation carnée diminue en France et une enquête de l’IFOP montre que la part des flexitariens serait d’au plus 24 % et que les végétariens ou végétaliens ne seraient qu’environ 2 % : https://www.ifop.com/wp-content/uploads/2021/05/Synthese-_-Vegetariens-et-Flexitariens-en-France-en-2020-IFOP.pdf/.
15 De nombreux penseurs célèbres sont végétariens, comme Pythagore (comme dans une large tradition de la Grèce antique), De Vinci, Rousseau, Voltaire, Einstein (à la fin de sa vie), Yourcenar : https://www.radiofrance.fr/franceculture/pythagore-leonard-de-vinci-yourcenar-sept-celebrites-vegetariennes-avant-l-heure-1103528.
Crédit photo : Ella Olsson sur Pexels.



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