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Des indicateurs pour ce qui compte vraiment…

3–5 minutes

⏩💶 En restreignant la boussole des politiques publiques au PIB, on asservit leurs actions à une vision économique. Et lorsque l’économie en place n’est pas vertueuse1, ces actions publiques ne sont alors favorables ni à une « bonne croissance », ni au bonheur durable et partagé des populations. De plus en plus de territoires en prennent conscience et décident d’employer des boussoles bien plus adaptées, prenant notamment en compte une évaluation du bonheur2.

Dans la lignée du Bonheur National Brut3, précurseur mis en place au Bhoutan en 1972, de nombreux indicateurs territoriaux ont vu le jour. La plateforme Cap Bien Vivre4 offre une large base de données à ces indicateurs, ainsi que des outils pédagogiques, des articles de fond, une méthode pour construire un indicateur dédié à un territoire. Basé sur ce travail, Eudia en propose une courte sélection5 (à laquelle on peut ajouter le BNB objet d’un article récent3) :

🧭 BLI (Better Life Index) : initié par une étude de la Commission Stiglitz-Sen-Fitoussi, cet indicateur est utilisé par l’OCDE depuis 2011 pour évaluer le bien-être de ses populations et ce qui compte pour elles à travers 11 dimensions à pondérer.6

🧭 SPI (Social Progress Index) : utilisé dès 2013, cet indicateur, qui repose sur 3 dimensions (besoins humains fondamentaux, fondements du bien-être, opportunités d’épanouissement), est appliqué à plus de 160 pays et sur certains territoires comme l’Amazonie.7

🧭 SPIRAL (Societal Progress Indicators for the Responsibility of All) : méthode participative née en 2005 sous l’impulsion du Conseil de l’Europe, elle est portée par le réseau Together et est appliquée dans plus de 300 territoires d’une vingtaine de pays.8

🧭 RCI (Relational Capability Index) : démarche utilisée à l’international dès 2012 pour évaluer le bien-vivre grâce aux capacités relationnelles et à la qualité des liens (à soi, aux autres, à la société, à l’environnement), il a été mis en œuvre récemment dans 10 écolieux français (RCIe).9

🧭 IBEST (Indicateurs de Bien-Etre Soutenable Territorialisés) : déployé sur les territoires de la métropole de Grenoble et du département de l’Isère, huit dimensions définis en 2015 sont évaluées, afin de répondre aux besoins des citoyens, à leurs aspirations et à la considération du bien commun.10

▶️🙂 Contrairement à la direction géographique donnée grâce au champ magnétique terrestre, le bonheur est multifactoriel, sa complexité ne peut être englobée par une boussole construite sur des indicateurs qui contraignent, limitent, appauvrissent le réel. Pourtant nous avons besoin d’une boussole du bonheur, non seulement pour remplacer nos outils actuels de contrôle (comme le PIB1) qui nous mènent droit au mur, mais aussi pour nous aider à trouver un chemin équitable et soutenable indispensable pour progresser vers un bonheur durable et partagé.

🧩 Si les indicateurs territoriaux ne suffisent pas11, ils peuvent évaluer ce qui compte (pour les habitants du territoire et pour la biodiversité locale), révéler les domaines à améliorer (en cela le PIB a permis de montrer des angles morts essentiels qu’il ne pouvait couvrir), mettre en exergue des fondamentaux (comme les relations et la santé12), orienter nos choix (individuels et collectifs), être continuellement améliorés avec humilité et davantage d’harmonie (pour ne pas retomber dans le piège d’un nouveau PIB).


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