Phare Eudia

Born in… PPM

3–4 minutes

📸 Qui n’a jamais vu le portrait en noir et blanc d’un citoyen arborant son taux ppm en guise d’année de naissance ? Le projet photographique « Born in… PPM »1 de Mary-Lou Mauricio met ainsi en lumière l’accélération de l’effet de serre. Le taux ppm (Parties Par Million) indique la quantité de molécules de CO2 parmi un million de molécules dans l’atmosphère. Ce taux n’a cessé d’augmenter depuis la révolution industrielle (280 ppm en 1850), avec une accélération depuis quelques décennies (311 ppm en 1950, 369 ppm en 2000, 412 ppm en 2020, 425 ppm en 2025).2 Le dérèglement climatique et sa cause anthropique sont révélés par ce taux ppm de façon encore plus évidente que par l’évolution des températures moyennes. Jamais le taux ppm actuel de CO2 n’a été atteint depuis 15 millions d’années et nous n’en connaissons aucune élévation aussi brutale dans le passé sur Terre.3 Or ce taux pourrait atteindre 1100 ppm en 2100 en cas de maintien de nos modes de vie actuels.

🌿🌫 Le CO2 n’est pas le seul gaz à effet de serre responsable du changement climatique4, mais sa contribution est la plus importante. La cause principale de ces émissions est la combustion des énergies fossiles. C’est un peu comme si nous annulions en quelques dizaines d’années le travail de centaines de millions d’années des végétaux qui ont extrait le CO2 dans l’atmosphère grâce à la photosynthèse pour le stocker dans le sol améliorant ainsi les conditions de vie terrestre5. Autrement dit cette régression désastreuse s’explique par des rejets humains qui dépassent largement la capacité de régulation du système Terre à absorber le CO2 atmosphérique grâce aux puits naturels de carbone (qui sont notamment les océans, les forêts, les tourbières et les prairies).6 Alors que la tendance naturelle est une absorption des puits plus grande que le rejet atmosphérique de CO2, les activités humaines inversent cette tendance.7

3️⃣4️⃣3️⃣ Puisque nous aimons les chiffres qui simplifient notre vision et nous donnent la sensation de maîtrise, le taux ppm de CO2 est un indicateur chiffré clair, qui résume en quelque sorte la tendance du dérèglement climatique dont la complexité n’aide pas à bien appréhender le phénomène. Comme la militante suédoise Greta Thunberg qui communique son année de naissance en mentionnant 375 PPM au lieu de 2003, comme le font dans leur signature d’email un bon nombre de citoyens sensibilisés, révélons notre PPM en signe d’engagement.
Souhaitons que l’art de la photo et le pouvoir des chiffres puissent ainsi réveiller les consciences…


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