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Goût du confort et goût de l’effort

4–6 minutes

Se place en zone de confort1 peut sembler inné, comme un facteur naturel de bonheur. Mais y rester ne serait-il pas contre-productif ? Dans quelle mesure l’effort pour en sortir n’est-il pas nécessaire au bonheur durable et partagé ?

🍵 Le confort est une composante du bien-être physique et mental. Etat favorable au repos, aux plaisirs, aux échanges, le confort permet aussi de reprendre des forces, de s’apaiser ou de s’évader en dehors des difficultés du quotidien, de se remotiver après un échec. Identifier et profiter de sa zone de confort peut donner confiance pour pouvoir en sortir en toute sécurité.2
Cependant, non seulement le bonheur ne se limite pas qu’au ressenti de bien-être procuré par cet état3, mais en plus rester dans sa zone de confort s’avère contre-productif voire dangereux pour soi comme pour son environnement. C’est le cas lorsque le confort se transforme en oisiveté ou en égoïsme, lorsqu’il fait perdre le sens des priorités et nous rend dépendant, lorsqu’il provoque une surexploitation des ressources naturelles qui lui permettent d’exister et de perdurer. Gaspillage alimentaire, surconsommation énergétique, manque d’activité physique, distraction déresponsabilisante sont ainsi des travers d’un confort excessif.

🦵 Sans opposer le confort à l’effort4, on peut considérer que la zone d’effort d’une personne commence dès qu’elle sort de sa zone de confort. L’effort peut procurer une satisfaction dans l’instant4, une récompense ultérieure ou sur le long terme bien plus grande que sans effort consenti (voire subi). Passer en zone d’effort permet de s’entraîner à faire face aux difficultés et aux échecs5, de s’autonomiser6, de découvrir de nouvelles compétences et de gommer des a priori, de repousser ses limites et donc d’agrandir sa zone de confort, de gagner en confiance en soi et en créativité, de vivre parfois plus intensément. Construire une famille7, faire des études, apprendre un métier, s’exercer dans une activité sportive ou artistique, est-ce que nos plus grandes satisfactions ne viennent pas d’efforts importants, qui agrandissent dans un second temps le niveau et la zone de confort ?
Mais là aussi, rester dans sa zone d’effort peut s’avérer contre-productif voire dangereux, le challenge permanent peut entraîner un stress et une fatigue chronique.8 De même qu’un excès de confort, un comportement pro-effort peut mener à des dépendances incitant à une stimulation physique ou intellectuelle alors que nous aurions besoin de repos.9

⏯ Davantage qu’un équilibre à trouver entre confort et effort, une alternance entre zone de confort et zone d’effort ne serait-elle pas la dynamique la plus favorable au bonheur durable et partagé ?10
Même si confort comme effort sont à modérer, le goût du confort, plus aisé et plus passif, peut engendrer assez vite un cercle vicieux, s’il incite à la procrastination devant nos responsabilités, à une fuite en avant face aux combats quotidiens à mener. A trop vivre en zone de confort, celui-ci peut devenir également plus banal, moins appréciable. Le goût de l’effort, lui, paraît entraîner plus facilement un cercle vertueux ; en le cultivant, passer en zone d’effort coûte de moins en moins de peine, peut devenir une habitude, un plaisir, voire une vertu que l’on a envie de soutenir. La vie devient ainsi encore plus désirable puisque les nombreux efforts qu’elle demande sont à la fois moins pénibles et mieux récompensés par les moments de confort.
Développer le goût de l’effort, en complément d’un goût du confort à préserver mais à maîtriser, viendrait alors contribuer grandement à notre épanouissement, même si cela nous demande davantage de maîtrise et de présévérance.11 Prenons donc goût à sortir de notre zone de confort, ni trop loin, ni trop longtemps, mais assez pour développer notre goût de l’effort !12


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