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Quels remue-méninges pour une meilleure intelligence collective ?

3–4 minutes

🧠🌪 Le brainstorming est utilisé pour faire émerger des idées en groupe répondant à une problématique bien définie. Cette méthode très populaire, que l’on peut traduire par « remue-méninges », n’est pourtant pas toujours bien employée afin de développer la créativité et de générer les solutions les plus pertinentes.

Rappelons déjà les origines et les principes de base du brainstorming. C’est le publicitaire américain Alex Osborn qui élabore la méthode à partir de 1940.1 Vous pourrez trouver facilement plusieurs résumés sur internet2, où sont notamment rappelées les quatre règles d’origine : (1) proposer un maximum d’idées, (2) être ouvert aux idées inhabituelles, (3) ne pas critiquer les idées des autres, (4) s’appuyer sur les idées des autres pour développer de nouvelles propositions. Parmi les conseils qui reviennent souvent, on peut retenir de : prévoir un coordonnateur de séance, varier les profils des participants, faire appel à certains participants maîtrisant bien le sujet, travailler par groupe d’environ 7, prévoir une séance de 1h à 2h, donner des consignes de bon état d’esprit, mettre à l’aise, travailler dans un cadre calme mais inhabituel comme à l’extérieur, utiliser les associations d’idées, susciter l’inspiration par des projections mentales.

Cependant, diverses recherches sur le sujet3 permettent de formuler quelques recommandations pour mieux profiter à la fois de l’intelligence collective et des capacités individuelles.

☝️ Premièrement, le brainstorming a été créé pour développer des publicités originales, ce qui n’est pas pareil que de créer un produit innovant ou de résoudre un problème en général. Il faut donc assez rapidement accepter la critique constructive, afin de converger vers les meilleures solutions, de les améliorer et de les rendre réalistes et faisables.

☝️ Deuxièmement, le brainstorming fait partie de la phase d’idéation, c’est-à-dire de générations d’idées nouvelles. Cette phase ne doit pas être la seule dans un processus de « design thinking ». La phase initiale d’enclenchement (avec une bonne définition de la problématique4 et la transmission d’un engouement) et la phase finale de convergence (recentrer les idées pour faire émerger celles qui répondent le mieux à la problématique) sont essentielles.

☝️ Troisièmement, il existe plusieurs exercices possibles pour ce remue-méninges collectif et il peut être intéressant de varier ces exercices5. Mais il est souvent préférable aussi d’inciter à réaliser un travail individuel préalable. On obtient parfois de meilleures idées et en plus grand nombre lorsque chaque participant travaille seul ! La créativité est souvent une question de talent et de travail personnels. De plus, certains biais cognitifs de groupe sont ainsi écartés (notamment les biais de disponibilité et d’ancrage, la pensée de groupe, la paresse sociale ou le passager clandestin)6. Enfin, cette phase d’appropriation individuelle peut permettre aux personnes de mieux s’imprégner du sujet et de s’impliquer davantage dans le projet.

🪄 Cette prise de recul est un nouvel exemple montrant l’importance de l’équilibre collectif / individu à trouver. Un brainstorming peut alors bénéficier à la fois du collectif (pour son intelligence, sa mémoire, son organisation) et de l’individu (pour sa créativité, ses connaissances, ses talents propres).7
Cela rejoint le besoin d’harmonie entre le global et le singulier. Suivre un élan commun, tout en prenant soin de la diversité, ne sont ainsi pas incompatibles et offrent une synergie saine.8


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