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Le facteur humain au cœur de la transition

3–4 minutes

🚶‍♀️↪️ Malgré 50 ans d’alerte sur les conséquences désastreuses du dérèglement climatique, l’évaluation claire de nos impacts environnementaux, le développement d’alternatives techniques1 et socio-économiques2, les nombreux récits dystopiques et utopiques inspirants3, l’humanité ne prend pas le chemin d’une transition vers un modèle soutenable et équitable4. Pourquoi n’arrive-t-on pas à changer ? Comment le facteur humain influence nos comportements ? Comment faciliter les changements de comportement individuels et collectifs pour faire émerger une société structurellement durable et désirable ?

Le GIECo (Groupe International d’Evolution du Comportement) cherche à répondre ces questions. Créé en 2020, le GIECo est une organisation scientifique interdisciplinaire étudiant le changement ou le non-changement de comportement en faveur des transitions, notamment socio-environnementales. A l’image du GIEC travaillant sur le climat, il réalise une méta-analyse des recherches dans le monde sur ce sujet des sciences comportementales. Leur premier rapport est sorti en juillet 20255 avec la contribution de plus de 45 auteurs provenant de 20 pays, 14 disciplines, 35 universités et instituts de recherche. Deux autres rapports doivent suivre en 2026 et 2027.
Voici quelques éléments extrêmement intéressants fournis par ce travail d’ampleur :

💡Les données rationnelles ont un faible impact sur le changement de comportement, qui est soumis à des forces très puissantes incitant à ne pas changer, car notre cerveau est davantage câblé pour la stabilité. (chapitre 1)

💡 »La transition écologique réussira en incluant les réalités cognitives, affectives et sociales des plus vulnérables. Écoutez ceux qu’on entend le moins. » (chapitre 2)6

💡 »L’exposition à des nouvelles climatiques anxiogènes peut générer déni ou action selon le sentiment d’efficacité perçue. » (chapitre 4)

💡Des croyances implicites (comme celle d’une performance financière qui prime sur l’environnement) guident nos comportements inconsciemment. (chapitre 5)

🧠❤️🦵 Les scientifiques du GIECo s’accordent pour dire que « le facteur humain est absolument fondamental, à la fois comme cause de ces crises et comme source de solutions. » Les résultats du GIECo montrent que les changements doivent être accompagnés par des éléments rationnels, mais également de l’émotionnel, de l’expérientiel, du symbolique, du narratif.7 Nos émotions, valeurs, croyances, contraintes quotidiennes, normes sociales sont des moteurs de changement ou de non-changement beaucoup plus puissants que les connaissances scientifiques selon Stéphane Labranche, sociologue du climat et coordonnateur scientifique du GIECo.
🪄 Le facteur humain est sûrement ce qui manque à la réussite de la transition.8 Or les sciences comportementales, longtemps ignorées et largement sous-estimées, sont essentielles pour comprendre l’humain sous un angle holistique et pour le prendre suffisamment en compte dans les stratégies de transitions, en intégrant par exemple ses biais cognitifs9 tels que la priorisation de récompenses immédiates.
Pas de transition sans toucher la personne, lui donner envie, l’impliquer, l’engager10 !


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