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Pour un droit à l’errance

2–3 minutes

🏞 Rester sur les sentiers battus, suivre une voie toute tracée, rentrer dans le moule sont des choix de plus en plus critiqués devant l’urgence actuelle des enjeux environnementaux1 et dans une quête de sens très présente.
Et si une période d’errance était un passage décisif à une construction personnelle fertile, comme un voyage initiatique ou comme la recherche de fondations solides avant de bâtir ?
L’exploratrice suisse Isabelle Eberhardt revendique un « droit à l’errance, au vagabondage », en s’affranchissant des entraves de la vie moderne et de son illusion de liberté.2 Dans le prolongement, Aurélien Barrau recommande aux jeunes de cultiver ce droit à l’errance, de cheminer autour de la route empruntée même si aucun bénéfice apparent n’est visible.3

🪄 Peut-être est-ce la meilleure démarche pour trouver sa voie4 ? Chercher, tester, se tromper, user de sérendipité, apprendre à se connaître, se questionner, philosopher, méditer sont des formes d’errance qui permettent de converger petit à petit vers un chemin en adéquation profonde avec sa personnalité et en harmonie avec son environnement. Un congé sabbatique comme une pause entre deux emplois peuvent servir à une période d’errance où l’on ne cherche pas de retombées économiques, où les incertitudes sont grandes, où la solitude vient souvent questionner notre rapport avec le réel et le temps. Loin d’une oisiveté malsaine, cette maturation offre une ouverture aux autres et au monde, elle stimule le plaisir d’être en vie5, elle sollicite l’attention à l’instant présent6, elle invite à l’introspection, à des activités nouvelles, aux rencontres, aux rêves, aux projections mentales, aux essais, à l’exploration.

🌱 Bien sûr il ne s’agit pas de se perdre à trop errer, mais au contraire de se donner l’opportunité de se (re)trouver, d’améliorer son existence, d’être mieux aligner avec son éthique7. Tout le monde n’a pas la possibilité de profiter d’un temps suffisant d’errance, c’est souvent un luxe de pouvoir errer, mais cela va aussi avec un choix de vie dont la sobriété peut être la clé puisqu’elle permet de se sentir riche avec peu au lieu de se sentir pauvre avec bcp, puisqu’elle libère du matériel et offre une liberté pour l’errance.
De même qu’une sécheresse relative permet aux racines des arbres de gagner en profondeur, une période d’errance ne serait-elle pas le terreau pour une bonne reconversion professionnelle, pour une transformation individuelle épanouissante, pour une vraie transition environnementale8 ? Qu’importe si l’errance mène à des détours et des retours en arrière, le chemin vers un bonheur durable et partagé n’est sûrement pas rectiligne.


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Une réponse à « Pour un droit à l’errance »

  1. […] 8 Nos périodes d’errance sont souvent d’ailleurs guidées par l’intuition : https://phare-eudia.org/2025/08/08/pour-un-droit-a-lerrance/. […]

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